Au travers de mes stages et mes expos, je rencontre beaucoup de
créateurs en herbe qui rêvent de faire de leur passion un métier. En même temps
je me trouve aussi souvent confrontée au public, peu conscient de la réalité
d'un indépendant, et dois lui expliquer le prix de mes œuvres qui, au premier
abord, peuvent sembler chers.
A tout ce beau monde, j’aimerais dédier cet article : le prix à
payer pour une création fait-main en France en 2013. J'espère que mes
réflexions aideront ceux qui se lancent dans la folle aventure de
« l’indépendance » à mieux affronter la réalité et les autres à
évaluer différemment ce qui se « cache » derrière le prix d’une
création.
Comme beaucoup de jeunes créateurs, je me suis lancée il y a plus de 8 ans,
un peu fleur bleue. Les premiers prix, je les ai calculés en suivant un
raisonnement simpliste : je veux gagner 15 euros l’heure donc
prix de création = heure de
travail x 15 euros + matière première
Très vite, j’ai quand même pris conscience des
charges sociales – entre 14% (auto-entrepreneur commercial) à 40% (entreprise
individuel). A cela s’ajoutent pour les plus chanceux (car cela veut dire
qu’ils ont quand même gagné un peu d’argent) des impôts et – quand le chiffre
d’affaire dépasse les 32000 – la TVA (19,6%).
Donc pour ma part, j’ai ajouté assez les charges sociales
à mon calcul (du reste je suis (malheureusement) pour l’instant dispensée). Il m’a fallu
beaucoup plus de temps pour me rendre compte des frais « cachés »
pour pouvoir vendre. Il y a bien sûr la matière première qu'il faut acheter et puis si on veut pas encombrer tout sa maison vaut mieux louer un atelier. Mais ce n'est pas de ça que je veux parler ici car c'est encore assez évident. ici je veux parler des frais qui sont engagés pour pourvoir vendre . Ces frais sont énormes et devront définitivement
rentrer dans le calcul du prix de vente ! Voici un récapitulatif non
exhaustif des ces frais selon les différents modes de diffusion :
Les frais de vente
Boutiques :
Quand on commence à démarcher les boutiques pour y vendre sa production, on
s’étonne souvent des marges qu’elles appliquent, dépassant la plupart du temps
(largement) le 50%. En effet, en France, un commerçant multiplie en général par
2,5 à 3 le prix de sa marchandise. Ce qui peut paraître énorme est cependant
nécessaire si les boutiques veulent perdurer. Car les frais pour une boutique
sont très importants : loyer, salaire, charges (sociales, entretien,
électricité, eau…). De plus, il faut avoir une trésorerie pour pourvoir acheter
ce qu’on veut vendre. Moi-même, fille de commerçants, je sais de quoi je parle…
Dépôt :
Le dépôt vente peut paraître plus alléchant car ici le commerçant demande
souvent une marge moins importante – autour de 30%.
Au début de ma carrière, j’ai fait pas mal de dépôts vente. Je n’ai jamais
vendu grand-chose. Par contre, les créations sont souvent revenues dans un
piètre état… Au final, j’ai compris que le dépôt est souvent fait pour mettre
en avant une certaine originalité. Mais derrière, les boutiques cherchent à vendre
ce qu’elles ont acheté (moins cher qu’une création « made in
France ») en y appliquant la marge qui leur est nécessaire. Ce n’est pas
pour arnaquer les créateurs ! Je suis persuadée que la plupart des
boutiques font du dépôt parce qu’elles ont envie de travailler avec les petits
créateurs. Mais au bout du compte, elles ne peuvent pas vivre avec la petite marge
qu’elles leur prennent !
Vente dans des expos / salons :
Beaucoup de créateurs préfèrent vendre par eux-mêmes en pensant
que cela leur permettra de vendre leurs produits moins chers et donc plus
facilement. Parfois aussi – comme c’est mon cas – parce qu’ils ne trouvent pas
de boutiques intéressées à acheter leurs produits au prix qu’ils réclament (et
dont ils ont besoin pour pourvoir vivre et créer en France).
J’ai commencé comme tant d’autres à faire les petits marchés du coin, les
marchés de Noël, les expos organisées par des communes…. La place ne coûte pas
très cher – entre 20 à 70 euros mais on se rend vite compte qu’on y vend aussi
très peu. Pourtant, on est immobilisés pendant plusieurs jours et souvent dans
des conditions épouvantables (dehors même par mauvais temps, sans sanitaires…).
Personnellement, je me suis rapidement tournée vers les salons de créateurs.
Là au moins on est « au chaud ». Le produit peut être mis en valeur.
On y rencontre un public plus averti, qui aime les belles choses et qui est
plus conscient que la création « made in France » a forcément son
prix. Un salon créateur (je ne parle pas d’un salon « pro » !!!) coûte
en moyenne 1000 euros pour 3 jours d’expo… A cela s’ajoutent les frais de
déplacement, de logement, les frais du mobilier d’expo (qui s’abîme très
vite à force d’être monté et démonté) et les frais de communication (cartes de
visite, flyers….).
Pour un salon créateur, j’arrive à une moyenne de 30% de frais. Donc quand
je fais un CA de 3000 euros, j’ai dépensé au moins 1000 euros en amont (sans
compter les frais de production, bien entendu). En outre, il y a aussi des
salons où l'on ne « rentre même pas dans ses frais ». Ces deux
dernières années surtout, j’ai multiplié les salons où je n’ai rien
vendu !!! Pourtant, on passe quand même de longues journées sur le stand
(souvent plus de 10 heures non-stop + 2 à 3 heures de montage et démontage). A cela s'ajoute la fatigue et on perd des sommes d’argent importantes pour nous.
En conclusion, je serais contente si une boutique m’achetait mes créations
et s’occupait de les vendre. La marge de 50% me semble tout à fait justifiée
quand je regarde mes dépenses, le temps passé sur les salons et ma fatigue
physique !!!! Reste bien sûr le plaisir de rencontrer le public mais l’un
n’empêchera pas l’autre…
La vente en ligne :
Il peut paraître beaucoup plus intéressant de vendre sur le net. On y trouve
des plate-formes qui prennent une commission uniquement sur les œuvres vendues
et c’est à nous, créateurs, de mettre « en lumière » nos œuvres.
Cependant, gérer une boutique en ligne demande un investissement en temps
considérable (pour ma part je passe en moyenne 20 heures / semaine). A cela
s’ajoutent des connaissances spécifiques qu’il faut avoir ou acquérir :
faire de bonnes photos, écrire des textes descriptifs et alléchants et si on
veut vendre dans le monde entier il faut maîtriser l’anglais…
Les photos, c’est l’essentiel et pour moi c’est un long apprentissage qui
n’est toujours pas terminé. Je reviendrai là-dessus dans un autre article. Ici,
j’aimerais seulement insister sur le fait que la vente en ligne est
certainement une super opportunité mais que c’est pratiquement un travail à
plein temps. Si on veut être vu il faut régulièrement mettre des nouveautés
dans sa boutique et en faire le buzz sur les sites sociaux… Si on compte ses
heures la vente en ligne a très peu d’intérêt! ( Mais au moins on es chez soi).
Tout cela pour dire que le prix d’une création doit se calculer non pas
uniquement avec les heures passées sur la créa + la matière première, mais
qu'il faut prendre en compte tout le temps de travail et tous les frais. En
gros pour 1 heure de création je passe au moins 2 heures à faire le « business »
autour (commander la marchandise, faire la comptabilité, remplir des dossiers
pour les expos, répondre aux mails, faire et retoucher des photos, vendre (en
ligne ou en direct), faire des paquets et envoyer la marchandise, faire de la
pub, écrire des articles, monter des sites ou/et blogs, ...)
Donc 1 heure de créa c’est au minimum = 3 heures de travail
Pour calculer un prix de vente il faudra donc appliquer une formule plus
complexe :
prix de la création = (tarif horaire x 3) + matière première + charges
sociales + frais de vente + TVA + impôts
Sur le net on trouve souvent une formule un peu plus simple :
prix de création = ((tarif horaire x 3)+ matière première) x 2 pour la vente directe
et prix de création = ((tarif horaire x 3)+ matière première) pour la vente en gros aux boutiques
Le tarif horaire minimum en France – le Smic horaire net – est en 2013 ~ 7,40
€
Pour être honnête, le prix qui résulte de ce calcul "correct" me
semble souvent tellement exorbitant que je le réajuste vers le bas. Un gilet
d’art par exemple, me prend entre 8 et 20 heures de création. A cela s’ajoute
la matière première qui me coûte en moyenne 40 euros. Avec le calcul ajusté (en
m’accordant le SMIC) j’arriverais à un prix variant entre 435 et 968 euros pour
mes gilets d’art !
((22,2 x 8)+40 ) x 2 = 435,2
((22,2 x 20)+40 ) x 2 = 968
Si vous regardez mes prix dans
ma boutique en ligne, j’applique des prix entre 240 et 600 euros !!!
Donc au mieux j’arrive à un salaire horaire net de 4,33 € (si jamais j’arrivais
à vendre tout ce que je
produis…).
((600/2 – 40) /20))/3 =4,33
Pourtant j’ai un bac +6, une expérience professionnelle en tant que
graphiste textile de 7 ans, je parle 3 langues et suis multitâche (designer,
photographe, secrétaire, mannequin, graphiste, webmaster….)
Sans vouloir me plaindre – car je suis trop accro à la création – ne
dites pas que les créateurs en France sont ( trop) chers !!! Créer
en France aujourd’hui, c’est forcément un luxe ! Une création originale et
unique de qualité, fait-main, dont la production respecte souvent
l'environnement, est une marchandise rare et prestigieuse. Les créateurs
réinventent tous les jours et cherchent à vous rendre la vie plus belle.
Respectez-les et ne comparez pas leurs prix à ceux des produits faits dans des
pays lointains avec un autre niveau de vie.
Pour ceux qui se lancent, sachez que vous allez travailler 60 heures et plus
/ semaine en gagnant même pas le Smic ! Et vous faites ce que vous aimez
tant uniquement pendant 1/3 de votre temps !!! (Autant faire un travail de 35 heures et 20 heures de loisir créatif pour se faire plaisir). Mais en même temps c'est
une vie épanouissante que perso je ne changerai pour rien au monde. Donc si
vous êtes aussi accro que moi et conscients que vous allez avoir du mal à faire
les « fins de mois » – tant pis – allez-y, lancez-vous !!!
Update 28/10/2016 La suite des mes réflexions 3,5 ans plus tard c'est par ici :
http://arianemariane.blogspot.fr/2016/10/homme-daffaire-ou-pecheur.html
P.S. : le temps que j’ai passé sur cet article ne rentre bien sûr pas
dans mon calcul de prix horaire – là je suis dans mon temps libre!
P.S. 2 : La photo en haut est un portrait de Daniel Vintrigner
– merci Daniel !!!
P.S.3: Vu le sucées de cet article
Emma de DouceLaine a eu la gentillesse de me corriger mon français (je suis allemande vivant en France). C'est ça aussi la vie de créateur - il y a un véritable soutient et de l'entraide. Un énorme MERCI, Emma!!! Son travail et en vente ici:
https://www.etsy.com/shop/DoucesLaines?ref=seller_info_count
English version
I meet many students and
crafters at workshops and exhibitions who dream about turning their passion
into a business. I also often come across many people, at fairs and on the
internet, who are astonished at the prices that I ask for my one-of-a-kind fiber
art pieces, handmade in France.
Perhaps used to prices of
imported Chinese products, these people are not aware of the “hidden” costs
that go into a piece and therefore think that crafters and artists charge too
much for their work. I would like to dedicate this post to all of you who
wonder about how prices are determined, showing some of the important costs
that go into a handmade creation in France in 2013. I hope that my thoughts
will help both those who want to embark on this crazy adventure, becoming
independent with their art work and those potential buyers who might not see
the big picture of what we face.
Like many artists, I
started my art business with some naivety eight years ago. I had a simple
formula that I used to calculate my prices: “I want to earn 15 euros an
hour so I just have to multiply my time and add the material costs.”
Like this:
price = creation time x 15 euros + material
Soon I realized that I also
had to take into account the French social security taxes. In Europe you have
to pay these taxes as soon as you earn a penny. They go for health insurance,
unemployment (you will never get it if you are self-employed but still have to
pay it) and retirement (not sure our generation will still have it). These vary
between 14% to 40% of the sales, depending in which income structure you fit
into (or which you decide to take). If you are “lucky” enough to sell over 19
000 €/ year, then you also have to pay income taxes (12,5 to 54 %) and if your
turnover exceeds 32000 euros you have to add VAT (Value Added Tax, 19.6% goes
to the State of all products sold, much like Sales Tax in the US) on your
prices.
I quickly added the social
security taxes to my formula. As I earn very little, I am currently exempt from
income taxes and VAT.
It took me much longer to
recognize that there are other "hidden" costs that I also have to
include. You may think that I’m talking about supplies and rent for a workshop
or the time invested to make the art work. Indeed these are important costs,
too, but I was most surprised to see what it costs to sell a work of art! This
is what I mean by “hidden” costs. Many of us don’t think about them at first.
Therefore, I made this
non-exhaustive summary of different modes of distribution and their costs in
France:
Selling
Costs in France
Wholesaling to
shops:
When crafters first try to wholesale their work to shops they are often
surprised about the margins merchants apply. Most of the time this margin
exceeds (easily) 50%: in France generally a retailer multiplies by 2.5 to 3 the
price of his merchandises. This may seem huge but it’s necessary for them in
order to cover their enormous charges: rent, wages, maintenance, cost of
electricity, water, taxes, VAT ...). In addition to these charges they have to
invest money to buy the merchandises upfront. My parents owned a shop, so I
understand their challenges.
Consignment:
Selling on consignment seems more attractive because many shops get by on a
smaller margin - about 30% in France. Early on in my career I did a lot of
consignment. I never sold much and would often have a bad surprise when getting
my items back: in bad condition... I finally understood that s shops which
accept consignment often do it as a parallel to a retailing activity. The
consignment pieces help attract customers by showcasing original and
outstanding work. But the merchant ends up having more of a vested interest in
selling the products that were purchased. Often, these pieces were not handmade
in France and are therefore much cheaper and offer a higher profit margin. I’m
sure that this behavior is more or less unconscious. Shop owners who do
consignment love handmade work and their local creators. They would love to
support them but it’s impossible with the small margin!
Fairs/art markets:
Finally, many designers prefer to sell the work themselves, thinking that they
can charge less when selling direct and therefore the sale should be easier.
Or, they simply might not be able to find shops willing to invest in their products
because they are high priced items. Such is the case with me.
Like many others, I started
selling at small venues such as Christmas markets or low-cost of entry
exhibitions organized by municipalities: in between 20 to 70 euro.
Unfortunately, the chances to sell at these shows is quite slim, especially if
you have high-end work. These shows also immobilize you for several days, often
under hard conditions (outside even in bad weather, without toilettes ...).
I quickly switched over to
“real” fairs which had a targeted public (people who loved handmade work and
understood the prices for quality products made locally). These retail shows
have a professional set-up, take place indoors, and I can display my work as I
wish. These shows cost about ~1000 euros for 3 days, a significant expense. In
addition, there are travel expenses, accommodation, prop costs, and marketing
(business cards, fliers, etc.).
These costs end up eating
about 30% of my sales. For example, if I sell € 3,000, then I spent at least €
1000 of that in fees, marketing, etc. This does not, of course, include those
original costs in my formula: materials and production time! Increasingly,
there have also been more shows where I don’t sell anything. This is so hard
because we spend 10 to 12 hours at the booth, plus another two or three for
set-up and tear down. It is exhausting physically and disappointing because the
money was wasted on show fees and you invested so much time for nothing.
Of these three
choices (wholesaling, doing consignment or doing shows), I would prefer
wholesaling my work to upscale boutiques. A 50% margin is quite justified when
I consider my financial expense, the time spent at trade shows and my physical
fatigue!! The only thing I would miss is the pleasure of meeting my gorgeous
customers …
Selling Online:
It may seem a lot more
interesting to sell on the internet. There are many platforms where you may
sell your work and often they just take a small commission. But, managing an
online store requires an enormous time investment (I spend over 20 hours/week
on my online shop). In addition, there are some skills that you should have or
need to acquire: taking good pictures, writing descriptive and tempting texts,
and if you want to sell globally, you need to be fluent in English ... Selling
online is a great opportunity but it is nearly a full time job. If you want to
sell well, you need to list new items regularly and you need to create a buzz
on social media sites, newsletters, and blogs ... If I counted my hours I work to
do online sales I wouldn’t do it!!! But, it’s still the coziest way to sell!
Conclusion:
The reflections above are made to point out the “hidden” costs in a
product which absolutely should be added to a price’s formula! I now understand
that for every one hour of creation, at least two hours need to be added for
all of the “stuff around” (ordering materials, accounting, filling out
submissions for fairs and exhibitions, responding to emails, making and editing
photos, selling (online or directly), packing orders and shipping them,
advertising, writing articles, social networking, building websites and/or
blogs, etc ...)
So 1 hour of creation
translates to at least 3 hours of work. To calculate a selling price the
formula should be like this:
The cost of creating
= (hourly rate x 3) + material + social charges + selling costs + VAT + Taxes
On the net you’ll find a
less complex formula but much easier to use :
Creation price =
((hourly wage rate x 3) + material) x2
In France we have a
“minimum wage”. All people working in France should earn at least (for 2013) -
€ 7.40 / h all charges ( taxes) paid.
If I calculated my formula
using this wage, my prices would be much higher. For example, my art vests take
me between 8 and 20 hours to create. My material costs vary but let’s take an
average of ~ 40 euros. According me the minimum wage, my art vest would be in
between 435 and 968 euros! ($565-$1,258 US Dollars)
((22.2 x 8) 40) x 2 = 435.2
((22.2 x 20) 40) x 2 = 968
These prices seemed so
exorbitant to me that I made an adjustment. As you will notice on my online shop, my art vests are in between 240 € and 600€!
Calculating my hourly wage on these prices I should finally earn 4.33 € an hour
- but that’s correct only if I sell everything I make, which of course, isn’t
so.
((600/2 - 40) /
20)) / 3 = 4.33
Final price of
artwork = 600€,
as in my formula, I multiplied by two to take into consideration all of the
“hidden” costs I devised, so 600€ divided by 2. I subtract my average material
costs of 40€. The result is divided by the hours it took to make the piece
(20). Actual hours worked are the total divided by three.
Less than 4,33 €
per hour!!! -
I studied architecture for 6 years, worked for 7 years as a textile designer,
speak three languages and am multitasking (designer, photographer, secretary,
model, seller ....) Without wishing to complain - because I love what I do and
would never change – I hope that one day everybody will be conscious that handmade
and local creators aren’t overcharging for their work!
Creating in France today is
a luxury for those who create and for those who buy! An original, unique
creation of high quality, made by hand and most of the time respecting our
environment is a rare and prestigious good. Self-employed crafters, artists and
designers invent every day and try to make life more beautiful. Respect
them and don’t compare their prices to the mass produced products made in
distant countries with different costs of living.
For those who want to
become a self-employed crafter, designer or artist: know that you'll be working
60 hours or more/week while seldom earning enough for making a living! You’ll
do what you love so much for only 1/3 of your time (working a 40-hour job and
spending 20 hours in your free time creating would be more profitable )!
But
if you're as addicted as me I can only say: do it!
PS. Time spent on this post
doesn’t figure in my time calculation of course – I did it in my free time!
PS 2. The picture of me at the top is a portrait made by Daniel
Vintrigner - thank you Daniel!
PS 3. A huge thank you to Emma from “Douces Laine” for helping me with the French version (I am
German, living in France) and an enormous hug to Rachel Biel from Rayela Art for spending time on correcting my English
version.
Another reason why
I love my job is the beautiful people I meet always there to help each other! You rock my world - thank you!
Rachel Biel is the founder of a wonderful Textil Artistes Association. Be sure to check out the TAFA Websie here